Abri des muses, musée aux milliers d’ouvrages, Telle est la forêt d’automne où le vent, la pluie, Les rayons du soleil, les heures et les jours, Sans interruption composent l’éphémère Que chacun des yeux peut saisir et contempler Connaissant qu’il ne le verra pas reparaître. Considérez qu’en l’instant même où je vous parle Tout s’ensevelit dans la brume ensoleillée, Celle même dont Zeus avait accoutumé De s’envelopper pendant ses épiphanies. Il est des hommes qui s’en souviennent encore : Ils n’ont plus d’histoire : ils s’agenouillent et prient ; Ils écoutent ainsi l’évangile de Jean ; Ils voient la rive, le Verbe et la Vérité.
Robert Marteau, mercredi 10 novembre 2010.
Né en février 1925 à Virollet (Deux-Sèvres), Robert Marteau est décédé le 16 mai 2011 à Paris. Le Centre du livre et de la lecture lui avait décerné en 2006 le Prix du livre en Poitou-Charentes pour Dans l’herbe (éd. Champ Vallon) ; en décembre 2010, il avait reçu le Prix Mallarmé pour son recueil Le Temps ordinaire (éd. Champ Vallon, 2009), dans lequel il poursuivait son vaste «journal en sonnets» qui célèbre la suite des jours et donne un prix à ce qui, sans eux, demeurerait invisible (P. Kéchichian, Le Monde, 3 juin 2011).
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