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dernière mise à jour
mercredi 13 décembre 2006

Lauréats du Prix du livre
en Poitou-Charentes

 

2006

Pastorales de guerre, Stéphane Émond, éditions Le temps qu'il fait.

"La vie passera et elle est passée avec son cortège d'ombres et de fantômes sans que l'on sache si un tel destin aurait pu se transformer en une vraie vie, bien chaude et lumineuse. Et quand la mort chuchote bas, sait-on si, sous terre ou dans le ciel, on est calme et apaisé ?."

Dans l'herbe, Robert Marteau, éditions Champ Vallon.

"Qui dit ribote dit le plus souvent février parce que, si le temps a été suffisamment froid et ferme, on aura tué le goret, mais bien entendu la jeunesse ne pourrait pas fournir et en serait à se rendre malade à aller et courir d’une maison à l’autre, pendant le même mois, pour devoir avaler toute cette cochonaille (…)."

2005

Les Sources du Nil (chroniques rochelaises), Jean-Jacques Salgon

"Jean-Jacques Salgon a beaucoup voyagé, en Amérique du Sud, en Égypte, au Sahara, mais aussi autour de ses maisons, en Ardèche, à La Rochelle, ailleurs encore...
Ses livres témoignent de ces errances, de ces déplacements et d'une passion pour la littérature, ce qui n'est pas loin d'être la même chose.
Aujourd'hui il réunit un ensemble de textes sur La Rochelle où il vit une partie de son temps. Textes venus de manière fragmentaire, au fil de ses humeurs et de ses promenades pour approcher le plus inattendu, le plus oublié, le plus poétique de cette ville ; pour aller à la découverte des secrets avec la patience et la perspicacité des chercheurs de trésors... ou de sources.
On aura compris qu'il s'agit là d'une La Rochelle aussi universelle que la Nantes de Julien Gracq."

2004
Fouaces et autres viandes célestes, Denis Montebello, éditions Le Temps qu'il fait.
"Les fouaces vont par grappes. Elles suivent le Livre : elles croissent et se multiplient. Elles croient à la magie de la parole. Elles sont la magie en action. Avec elles on revient au foyer, on remonte aux premiers agriculteurs sédentaires. On compte les feux, on conte les batailles. Celles opposant les "beaux fouaciers glorieux" ("leur roy nommé Picrochole, tiers de ce nom") aux bergers de Gargantua : des "bergiers de merde" qui ne gardent que les vignes ! Ces petites querelles deviennent de grosses guerres. Ou une révolution. La révolution néolithique. Racontée, elle est épopée, une gigantomachie. Des armées de géants s'affrontent par la faute de bergers détrousseurs de fouaces. Cinq douzaines ont été volées. Gandgousier, "tant il aime la paix", en rendra cinq charretées. Cinq charretées de "fouaces à beau beurre, beau moyeu d'eufz, beau safran, & belles épices". Voilà ce que racontent les fouaces".

2003
Chez Borges, Alberto Manguel, éditions Actes Sud.
"Il y a des écrivains qui tentent de mettre le monde dans un livre. Il y en a d'autres, plus rares, pour qui le monde est un livre, un livre qu'ils tentent de lire pour eux-mêmes et pour les autres. Borges était de ceux-là. Il croyait, quelles que fussent les circonstances, que notre devoir moral consiste à être heureux, et il croyait qu'on peut trouver ce bonheur dans les livres, bien qu'il fût incapable d'expliquer pourquoi il en était ainsi. "Je ne sais pas exactement pourquoi je crois qu'un livre nous apporte la possibilité du bonheur, disait-il. Mais je suis profondément reconnaissant pour ce miracle." "

 

2002
Lucy comme les chiens, Catherine Rey, éditions Le Temps qu'il fait.
"Lucy, adolescente mentalement attardée, raconte son histoire, comme elle la perçoit, en toute innocence effarée, avec ses mots à elle. Vendue par sa mère à un vieil homme frustre, elle s'accommode de l'abjection, et vaguement consciente de l'attrait de son corps, soumise, rejetée, elle guette néanmoins les gestes de tendresse de son maître. Catherine Rey a réussi un roman étrange et violent, sur la solitude fatale d'un être condamné, dès la naissance, à l'esclavage sexuel."

Le Monde des livres

 

2001
Olla-podrida, Catherine Ternaux, éditions L'Escampette.
Voici des historiettes, des nouvelles, des contes, pour les enfants, pour les adultes, pour tous les amateurs de merveilles, pour les sourciers, voici de la poésie avant toute chose ! L'auteur a déjà publié des livres pour la jeunesse, cela explique sans doute que ses histoires les plus graves soient toujours empreintes de légèreté et que les lois de la pesanteur n'existent pas sur ses terres... Olla-podrida, c'est quoi ? Une surprise !

 

2000
Un si bel été, Georges Bonnet, éditions Flammarion
B..., la soixantaine, est un homme secret à la parole rare. Son beau-frère, un débile, dort dans un réduit sur un matelas de feuilles de maïs. La fille de B..., Marthe, tient un commerce de fruits et légumes. Un jour B... trouve sa femme morte en rentrant chez lui. Alors commence, simple et comme au ralenti, la cérémonie de la séparation.
Ce chant funèbre si particulier, si universel, est poignant. Tout est là, en quelques mots : un monde paysan qui s'efface, des sentiments qui finissent par sourdre, une angoisse digne des "vanités", ces tableaux où des objets, un crâne, une Bible ouverte, rappellent aux vivants leur condition de mortel.

 

1999
Le Temps par moments, Jean-François Mathé, éditions Rougerie
les oreilles des sourds sont plus douces
que les jeunes feuilles mortes sous le givre
quand le silence autour d'elle
a tout dévêtu
le temps passe un lent peigne
dans les cheveux
seuls les doigts savent
qu'en glissant à travers l'averse de neige
ils éveillent la harpe secrète du monde

 

1998
Le Jeune Homme en colère, Michel Boujut, éditions Arléa.
Partant du portrait célèbre d'un jeune paysan en salopette dont le regard fulmine, Michel Boujut se lance à la recherche du modèle anonyme de la photo et de son auteur, Paul Strand, célèbre photographe américain.
De rencontres en coïncidences, son enquête l'entraîne sur les chemins de son enfance, dans un village au bord de la Charente. Là où l'écrivain Claude Roy, ami de son propre père, avait accueilli Paul Strand durant l'été 1951, il y a plus de cinquante ans.

 

 

1997
Lieu-dit, Raymond Bozier, éditions Calmann-Lévy.
Lui est muet, propriétaire d'un étrange hameau à la lisière de la forêt, peuplé d'animaux à moitié sauvages, des cochons surtout. Eux sont arrivés un beau jour : le gros Clément, la mère Léa, la fille, Iris, belle et stupide, et l'oncle. Ils se sont installés, sans gêne, comme s'ils étaient chez eux. Lui s'est alors mis à les guetter, passant d'un grenier à l'autre. Et il a vu. L'oncle se vautrer sur la nièce. Inceste monstrueux. Dont Iris porte le fruit dans ses entrailles. Et que les autres essaient de lui faire endosser... Une seule défense, ses carnets, témoins de son innocence, sur lesquels, il couche tout ce qu'il voit ou entend, tout ce qu'il ne peut dire, de l'innommable au moindre chant d'oiseau. Un soir, les intrus le jettent aux cochons, il en réchappe, titubant de haine et de souffrance... La tension monte, inexorable, lourde, ponctuée par les cris trop humains des gorets.

 

1996
La Galerie du Grand Écuyer - L'Histoire de Troie au château d'Oiron,
Jean Guillaume, éditions Patrimoines et Médias.
À la demande de Claude Gouffier, grand écuyer de France, Noël Jallier a décoré de 1546 à 1549 la galerie du château d'Oiron, en Poitou. Cet ensemble n'a jamais été étudié ni même publié intégralement bien qu'il soit le plus important de la Renaissance française après la galerie François 1er à Fonainebleau. Le choix du sujet — l'histoire de Troie suivie de quelques scènes empruntées à l'Énéide — et la façon de le traiter doivent être mis en rapport avec les préoccupations intellectuelles et morales de l'humanisme français au milieu du XVIe siècle. Le style très particulier des peintures s'explique par la culture éclectique de Jallier qui s'inspire à la fois des créations romaines les plus récentes et du décor de Fontainebleau, des grandes tentures de Bruxelles et des paysages des peintres du Nord.

 

1995
Un ciel trop grand, Jean-Claude Martin, éditions Le Dé Bleu.
À quarante-sept ans, écrire encore des poèmes ! Seigneur, quelque chose n'a pas dû fonctionner correctement dans mon cerveau ! Qu'est-ce qui te manque ? Tant de choses, qu'en dresser la liste par avance m'apitoie ! Même ce monde injuste et fou ne me rend pas heureux. — Est-ce une raison pour noircir tout ce papier ? Solliciter ton éditeur ? Importuner deux, trois lecteurs? Ce monde, qu'as-tu fait pour le changer ?

 

1994
Plis perdus, Jean-Claude Pirotte, éditions La Table ronde.
"Je pensais à ces femmes en parcourant les collines de Charente. Il me semble que je les voyais tour à tour obscures et lumineuses, et que le caractère à la fois simple et ambigü de leur charme épousait le mouvement du paysage sous les éclairages changeants. J'y pensais aussi le soir, à table, à Barbezieux ou Saint-Palais, tandis que je mirais un très vieux cognac Delamain avant de respirer ses arômes confondus, et j'écoutais le vent glisser le long des vitres, j'imaginais Claire silencieuse, attentive, absente et présente, là, réfugiée dans cette bergère Louis XV du salon, et ses yeux parfois s'animent d'une soudaine lueur qui enivre, avant de se fermer sur d'inaccessibles lointains."

 

1993
Les Peintures murales de Poitou-Charentes, Centre International d'Art mural.
Le parcours au cœur de ces monuments aux multiples nuances, aux multiples histoires : c'est ce que propose cet ouvrage dans lequel sont présentés les différents aspects de ces ensemble peints, sous l'angle des thèmes qui les animent, de leur histoire, de leur conservation. Une sélection de monuments majeurs de la période antique à nos jours, un catalogue de tous les sites répertoriés dans la région, donnent à tous ceux qui souhaitent partir sur les traces de ce patrimoine exceptionnel, un prélude de choix.

 

1992
L'enterrement, François Bon, éditions Verdier.
Dans un village, près de la mer, dans les marais et le vent, un matin de décembre, l'enterrement d'Alain. La famille n'a avoué de la mort ni comment ni pourquoi, et la journée s'en va de travers, comme avait fait la vie qu'on devine et qu'on reconstruit.
Moment de bascule où se clôt un cycle, avant les forces neuves du recommencement : celui qui ici est tombé, tandis qu'un autre, son ami, doit continuer.
Pour reconstituer au plus près cette journée blanche et rapide, trois heures d'une hallucinante scène réelle, l'auteur est revenu vivre dans son village natal de Vendée.

 

1991
Après tout, Georges-L. Godeau, éditions Le Dé Bleu.
"Un poète original qui nous ravit des courbes de ses chantiers provocants", écrit René Char dans un poème dédié à Georges L. Godeau. Cette oeuvre parle en effet des choses vues et vécues, des hommes et des femmes au travail, de leurs peines et de leurs petites joies quotidiennes, dans des poèmes en prose construits avec une grande exigence d'écriture. Il est écrivain comme il a été ingénieur des travaux publics, sans un mot de trop ni de moins... Parce que, après tout, la poésie sert aussi à réconcilier les gens avec la vie.

 

1990
Lettre à un aveugle sur des photographies de Robert Doisneau, Sylvain Roumette,
éditions Le Temps qu'il fait.
Illustré de quarante photographies cette Lettre à un aveugle est le premier essai véritable sur l'univers de Robert Doisneau, sur son art "fait d'attente et de solitude, de sympathie muette et d'attention passionnée". Il est écrit comme un hommage ému et fraternel. Il est l'œuvre, non d'un critique, mais d'un auteur, complice de son modèle, et qui évoque "sa relation de compagnonnage avec tant d'écrivains et de poètes, qui le perçoivent d'emblée comme un des leurs, percevant du même coup l'affinité secrète qui existe entre la littérature et la photo" ".

 

1989
L'Alambic des Charentes, François-Julien Labruyère, éditions Le Croît Vif.
Cet essai se propose de contribuer à la réflexion autour d'une identité régionale. Qu'est-ce qui fait que nous ayons un sentiment d'appartenance régionale ? Par quels moyens la sensibilité régionale peut-elle se développer ? Et il s'agira ici de s'attacher à la culture charentaise. Ce livre est dédicacé " à tous ceux qui se sentent authentiquement charentais."

 

1988
Le Monde rochelais des Bourbons à Bonaparte, Claude Laveau, éditions Rumeur des Anges.
La découverte pas à pas de cette ville qui fut une ville, dans la seconde moitié du XVIIIè siècle, une d'exception par son caractère : c'est un port ouvert sur le Nouveau monde. Elle vit en France et s'ouvre au monde. Une ville cosmopolite. Un livre riche en documentation qui nous plonge au cœur de La Rochelle.

 

1987
Un Matin de novembre, Philippe Bouquet, éditions Plein Chant.
Ce volume constitue le second volet de la présentation du roman prolétarien suédois entreprise sous le titre général de La Bêche & la plume. Y sont regroupées douze nouvelles, choisies dans le dessein d'offrir un panorama du genre au cours de près d'un siècle. Des douze écrivains retenus : Karl Ösman, Gustav Hedenvind-Eriksson, Eyvind Johnson, Jan Fridegard, Ivar Lo-Johansson, Rudolf Värnlund, Josef Kjellgren, Folke Fridell, Sture Källberg, Jan Fogelbäck, Aino Trosell, Per Forsman, la plupart sont ici traduits en français pour la première fois.