Régis Lejonc

« Je suis né en avril 1967. J’ai grandi près d’Annecy, en Haute-Savoie. Maintenant je vis et travaille à Bordeaux. Autodidacte, je me suis d’abord consacré à la peinture et au dessin de presse avant de rencontrer Olivier Douzou en 1994, un an après la création de la collection jeunesse des Éditions du Rouergue.
Suite à la découverte de l’illustration par le livre pour enfant, je me suis également lancé dans l’écriture et je partage mon temps entre mes projets pour l’édition jeunesse, la publicité, la bande dessinée, puis la direction artistique et la mise en page de la collection Zig-zag, toujours aux Éditions du Rouergue. »

Au cœur des choses

Régis Lejonc ignorait tout du livre pour enfants. Il s’y est pourtant fait une place originale, celle d’un auteur et illustrateur capable d’aborder avec grâce les problèmes existentiels ou les sujets les plus abstraits.

Peintre, scénariste, dessinateur de bandes dessinées, Régis Lejonc a découvert par hasard l’univers des livres pour enfants. Sa première révélation, il la doit à la bande dessinée et au journal de Tintin auquel ses parents l’abonnent à l’âge de six ans. À vingt-trois ans, il se lance dans la peinture, une peinture qu’il qualifie de « plutôt conceptuelle » et travaille pour la publicité. Parmi les influences qu’il revendique Mattoti, Loustal et Martin Jarrie entre autres. En 1996 par l’intermédiaire d’une amie commune il rencontre Olivier Douzou qui lui demande un livre pour les éditions du Rouergue alors en plein essor. « J’étais à des millions d’années-lumière de l’univers des livres pour enfants. Je restais sur des a priori. Leur collaboration s’avère pourtant très fructueuse, c’est d’abord Tour de Manège sur un texte d’Olivier Douzou qui permet à Régis Lejonc de faire ses premières armes, puis Icare. En 1998, il illustre un texte de Anne Agopian, Ange. Le thème d’un veilleur de nuit responsable de la fabrique à rêves est délicat, le personnage doit être à la fois suffisamment caractérisé pour avoir une véritable existence tout en restant universel. C’est avec cet album que Régis Lejonc met au point son style graphique. Depuis sans abandonner la BD où il poursuit la série de Kid Korrigan avec Corbeyran, Régis Lejonc a publié de très nombreux livres pour la jeunesse en tant qu’illustrateur, L’Arbre qui pense sur un texte de Raymond Queneau, Helena, Ivan et les oies avec Muriel Bloch et surtout La Môme aux oiseaux et La Mer et lui avec Henri Meunier. Il lui arrive aussi d’écrire des histoires et de les confier à un illustrateur. C’est le cas de Kontrol 42 avec Thierry Murat et du très remarquable Au bout du compte qui lui a permis de réaliser un vieux rêve celui de collaborer avec Martin Jarrie et qui leur a valu le Baobab de l’album au salon de Montreuil en 2002. Parfois il est auteur et illustrateur comme dans Ma voisine est amoureuse ou Les Deux Géants. On a pu dire de Régis Lejonc qu’« il est de partout et de nulle part. Sa créativité joue sur l’universalité des personnages qui évoluent dans des espaces aux contours flous pour témoigner de leurs quêtes inachevées et de leurs incertitudes. » Ce qui frappe chez Régis Lejonc c’est l’étendue de sa palette qui va de la ligne claire de Fait pour ça, l’histoire d’un lion de cirque qui parvient à échapper à son sort pour retourner dans la savane après bien des péripéties aux sombres bouleversements telluriques des Deux Géants qui puise aux sources des arts primitifs. Quel que soit le thème abordé et il n’hésite pas à s’attaquer à des thèmes aussi difficiles que celui des principes fondamentaux qui font marcher le monde, il manifeste toujours le même talent : celui d’aller à l’essentiel par l’image sans être abstrait ou didactique. S’adresse-t-il aux enfants ou aux adultes ? Difficile à dire puisque celui qui rêve d’illustrer Boulgakov et Lewis Carroll donne toujours l’impression quel que soit l’âge de ses lecteurs, d’aller d’emblée au cœur des choses.

Gérard Meudal


Bibliographie :
Aux Éditions du Rouergue :
Tour de manège, texte d’Olivier Douzou, 1995 (Prix Millepages)
Icare, texte d’Olivier Douzou, 1996 (épuisé)
Ange, texte d’Annie Agopian, 1998
Les Deux géants, (finaliste Prix Baobab, 2001)
Marabout d’ficelle, roman de Sébastien Joanniez (Prix Tam-Tam 2002)
Kontrol 42, illustrations de Thierry Murat, 2002
Top model, illustrations de Mr. Z, 2002
Au bout du compte, illustrations Martin Jarrie (Prix Baobab 2002)
La Môme aux oiseaux, texte d’Henri Meunier (Prix Octogone 2003)
Le Cri, idée d’Henri Meunier, 2003
Dans la tête, illustrations de Sandrine Assous, (finaliste Prix Baobab 2003)
Fait pour ça, illustrations de David Merveille, 2004
La Mer et lui, texte de Henri Meunier, 2004

Aux Éditions Delcourt :
Paroles de taulards, collectif scénarisé par Corbeyran, 1999
Kid Korrigan, scénario de Corbeyran, 2000
Paroles de taule, collectif scénarisé par Corbeyran, 2001
Paroles de parloirs, collectif scénarisé par Corbeyran, 2003

Aux éditions Rue du Monde :
Le Fabuleux fablier, anthologie de J. Marie Henry, 2000
L’Arbre qui pense, poème de Raymond Queneau, 2002

Aux éditions Thierry Magnier :
Signes d’émotion, imagier de Bénédicte Gourdon et Roger Rodriguez, 2001
Ma voisine est amoureuse, 2003

Autres éditions :
Je suis là, texte de René Guichoux, Casterman, 2002
Ivan, Helena et les oies, conte de Muriel Bloch, Didier jeunesse, 2002
L’Oiseau de vérité, conte de J.-Jacques Fdida, Didier jeunesse, (Prix de l’académie Charles Cros 2004)


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Informations datées de 2005