Olivier Adam

Olivier Adam est né en 1974 en banlieue parisienne. Il vit aujourd'hui à Paris et se consacre à l'écriture. Son premier roman, Je vais bien ne t'en fais pas, est paru en 2000 aux éditions Le Dilettante. Suivront, à L'Olivier : À l'ouest, Poids léger (adapté au cinéma par Jean-Pierre Améris) et Passer l'hiver (Goncourt de la nouvelle 2004). En 2002, sa rencontre avec Geneviève Brisac aboutit à la publication d'un premier roman destiné aux adolescents : On ira voir la mer (L'École des loisirs). Suivront, toujours chez le même éditeur : La Messe anniversaire, Sous la pluie, et, parus début 2005, Comme les doigts de la main ainsi que, pour les plus petits dans la collection Mouche, Le jour où j'ai cassé le château de Chambord. Par ailleurs, il écrit pour le cinéma et demeure conseiller artistique des Correspondances de Manosque, manifestation dont il est l'un des fondateurs.

Le métier de vivre

La difficulté de vivre s’éprouve à tout âge, peut-être plus encore au moment de l’adolescence dont Olivier Adam sait parler avec justesse et gravité.

Il n’y a pas de formation pour cela, pas de cours du soir, pas de rattrapage. Le métier de vivre s’apprend sur le tas dans ce qu’on appelle par antiphrase l’école de la vie. Il y a bien sûr des élèves plus doués que d’autres, ceux qui semblent avoir des dispositions naturelles pour s’adapter à tous les niveaux et puis les émotifs qui perdent leurs moyens dès qu’on leur pose une question un peu difficile et qu’on attend d’eux un minimum d’application, les cas désespérés, les redoublants d’office. Les personnages d’Olivier Adam font partie de la deuxième catégorie. Ni cancres ni surdoués ils ont décroché à un certain moment et depuis se sentent inadaptés, comme Marie l’héroïne de À l’ouest qui s’émerveille de voir l’aisance des autres « Mais comment font-ils ? Je les observe et rien ne leur pèse. Dans les allées du parc, autour des bâtiments, sur les vieilles barrières du lycée, ils fument et parlent en souriant (…) Moi je n’ai pas envie. Ou je ne sais pas. Peu importe. Les voir me suffit. Voir les autres vivre me suffit. » Les voir ce n’est déjà pas si mal encore faut-il y être autorisé, se sentir accepté. La particularité de l’école de la vie c’est que, de manière très injuste, elle ne tient aucun compte du cursus de chacun et peut très bien imposer des épreuves très dures à de jeunes élèves sans aucun égard pour leur niveau, leur capacité de résistance ou leur degré de compréhension des mécanismes de survie. Aussi Olivier Adam aborde-t-il les mêmes thèmes qu’il écrive pour les adultes ou pour les jeunes lecteurs. C’est la difficulté de vivre quand on se sent en marge, la douleur d’une séparation, l’impossibilité de faire son deuil. Il y a souvent dans son univers un pavillon de banlieue où l’on se sent loin de tout, coupé de la vraie vie et d’un centre hypothétique où elle doit bouillonner, il y a la nostalgie de l’enfance, le désir d’aller voir ailleurs, de marcher sous la pluie, de partir vers l’ouest, vers la mer, la fuite ou l’enfermement dans la violence, bref toutes les stratégies que chacun essaie de mettre en œuvre pour supporter l’insupportable. Ce sont des adolescents qui ont vu une des leurs mourir à quinze ans en tombant par la fenêtre au cours d’une fête entre copains et qui doivent se retrouver un an plus tard à l’occasion de la messe anniversaire. C’est Antoine et Chloé qui tombent éperdument amoureux le temps de partager la même chambre d’hôpital, et se perdent aussitôt de vue. C’est Olivier en qui Lorette semble avoir trouvé un substitut du frère jumeau qu’elle a perdu mais dont le comportement violent et imprévu semble indéchiffrable. Cela n’est pas gai, pas triste non plus. Simplement c’est la vie et la noirceur du décor va toujours de pair avec la tendresse du regard. Avec cette idée qui constitue le cœur de tous les livres d’Olivier Adam, que nous ne sommes pas aussi seuls que nous le croyons, qu’à l’école de la vie tout le monde est logé à la même enseigne et que ce simple constat, aussi décourageant soit-il, devrait au moins nous rendre solidaires.

Gérard Meudal


Bibliographie :
romans et nouvelles :
Je vais bien ne t'en fais pas, Le Dilettante, 2000
À l'ouest, L'Olivier, 2001
Poids Léger, L'Olivier, 2002
Passer l'hiver, L'Olivier, 2004

romans "jeunesse", à l'École des loisirs, collection Medium :
On ira voir la mer, 2002
La Messe anniversaire, 2003
Sous la pluie, 2004
Comme les doigts de la main (Medium - sortie mars 2005)
Le Jour où j'ai cassé le château de Chambord (Mouche - sortie mars 2005)

Informations datées de 2005